Aprés 27 ans de guerre civile, l'Angola se réveille doucement.

Article: textes et photos sur les problèmatiques des enfants des rues, de la malnutrition et du SIDA en Angola.

Stéphane Lehr, photo-journaliste  flux rss  envoyer à un(e) ami(e)  imprimer la page  administration  french

Angola Vivre sans la guerre - reportage

Angola, vivre sans la guerre

Lobito, derrière son décor de Riviera surannée, offre un bien triste contraste: les villas coloniales défraîchies mais cossues du bord de mer tranchent radicalement avec les paradas, des squats délabrés du centre-ville. Selon les autorités provinciales, ces refuges de fortune (latrines désaffectées, carcasses de véhicules, containers, etc) abriteraient 450 enfants, dont 18 filles, livrés à eux-mêmes. En tout, plus de 2500 mineurs survivraient de mendicité et de petits boulots, de la prostitution, le plus souvent pour les filles - sur la bande côtière de Benguela-Lobito. Les uns proviennent souvent de familles dispersées pendant la guerre; les autres, victimes de violences domestiques, ont préféré fuir le domicile familial pour se réfugier dans la rue.


Les enfants des rues sont devenus un aspect familier de la vie des métropoles africaines. Pauvreté, guerres, industrialisation désordonnée, sida, sont à l’origine du phénomène.Placés dans des situations désespérantes, ces enfants font preuve d’une débrouillardise et d’une force incroyables. Mais la moitié d’entre eux ne survivent pas longtemps à cette existence sans avenir.Les plus jeunes ont cinq ans, parfois quatre. Le plus souvent, ce sont des garçons. Les filles, en général, sont plus âgées, mais n’en sont pas moins vulnérables.Ils vivent en bande, les plus faibles se plaçant sous la protection des plus forts. Ils seraient entre 40 et 60 millions sur la planète dont presque la moitié en Afrique.Une fois à la rue et livrés à eux-mêmes, ces enfants doivent survivre à la misère et à la violence quotidienne. Ils dorment à même le trottoir ou dans des abris en carton.Pour trouver de quoi subsister, ils mendient ou exercent une multitude de petits métiers : porteur, livreur, cireur de chaussures.Une partie de foot improvisée dans un ancien hôtel. Beaucoup d'enfants ont été enrolés de forces dans l'UNITA aussi que dans l'armée gouvernementale pendant le 28 ans de guerre.Une jeune fille prostituée par son petit ami, refuse de continuer car enceinte par l'un de ses clients de passage se voit marquer d'un œil au beurre noir.Une dizaine d'enfant squatte d'ancienne latrine dans la ville portuaire de Lobito. Les enfants des rues subissent les intempéries, les privations, les maladies, les accidents et l’indifférence.Sur un mur du squat, des cartes à jouer représentants des gestes de Kung Fu. On estime que plus de 100 000 enfants vivent loin de leur famille, et nombreux d'entre eux sont devenus enfants des rues.Un jeune enfant qui rêve de se sortir de la rue pour devenir journaliste et dénoncer la corruption des hommes politiques de son pays.Après une nuit de bagarre, un enfant à un œil gonflé. Une des caractéristiques des enfants des rues est leur rassemblement en bandes ou en gangs.

L'endroit, baptisé As tendas (les « tentes » en portugais), est un ensemble de huit tentes militaires détériorées, où vivent confinés 120 adolescents, est reconnu officiellement par les autorités de la ville. Un grand pas mais nettement insuffisant à l'aune des besoins en matière de santé et d'hygiène : les enfants souffrent des nombreuses pathologies de la rue comme le paludisme, la gale, les maladies de peau, les infections respiratoires, voire la tuberculose. Pour la prévention des infections sexuellement transmissibles. Côté hygiène, deux trous profonds à proximité d'un bras de mer pollué servent de réserves d'eau potables pour se laver. Un aspect déterminant du suivi médical, car ces petits migrateurs se rendent fréquemment par bateau à Luanda pour y trouver du travail.

Texte: Guillaume Plassais Journaliste


Vue d'un immense bidonville au Nord de Luanda ou vivent des centaines de gamins des rues.Sur des airs de rap, les enfants  exhibent crânement leurs bras scarifiés à l'aide de lames usagées.En tout, plus de 2500 mineurs survivraient de mendicité et de petits boulots, de la prostitution, le plus souvent pour les filles sur la bande côtière de Benguela-Lobito.Deux adultes battent et attachent  un enfant des rues qui à essayer de leurs voler un téléphone portable. Après plusieurs recherches dans les différents commissariats, l'enfant reste introuvable.Deux adultes battent et attachent  un enfant des rues qui à essayer de leurs voler un téléphone portable. Après plusieurs recherches dans les différents commissariats, l'enfant reste introuvable.Un jeune gavroche pose, allongé sur un vieux matelas qui lui sert de lit dans un des nombreux squats de Lobito.Des jeunes enfants prennent soins des jeunes chiots. Ils sont nombreux à souffrir de maladies diverses en raison de leurs conditions de vie déplorables.Un garçon marche dans les couloirs d'un ancien hôtel de l'UNITA devenu un squat. La nuit, ces enfants dorment dans les bâtiments ravagés par la guerre et vidés véhicules qui jonchent la campagne.Deux jeunes filles dans un squat de Lobito, la nuit elle se prostituent. L'une d'elle enceinte est agée de 14 ans.Deux jeunes filles dans un squat de Lobito. Les enfants vivent d'abord dans les centres ville , dans et autour des marchés, des gares routières et ferroviaires.Un jeune garçon marche dans les couloirs dans ancien hôtel de l'UNITA devenu un squat. L'âge moyen des enfants des rues est de 10/12 ans. 9 enfants sur 10 sont des garçons.Une jeune fille avec derrière elle un vieux van lui servant d'endroit pour dormir.

Un petit monde fragile

La vie s'organise autour des tentes qu'Okutiuka a arrachées à l'Administration. Le site, baptisé parada dos fobados (« squat des affamés »), est dirigé avec autorité par Jésus, 17 ans, le bien nommé. Plus question de voir traîner les chiffons crasseux du chupilingua, cette addiction au combustible, sous peine d'exclusion. Les adolescents respectent les règles : lever à l'aube, toilette puis nettoyage des lieux avant l'école. Sur des airs de rap, ce soir, ils exhibent crânement leurs bras scarifiés à l'aide de lames usagées. En retrait et inquiet, Jésus scrute l'horizon : une maquerelle a déplacé son bouge à une centaine de mètres de là, comme pour mieux épier ce petit monde fragile. Telle une funeste épée de Damoclès.

Texte: Guillaume Plassais Journaliste

Des jeunes garçons courent dans les couloirs d' un ancien hôtel de l'UNITA devenu un squat. ls sont dans une logique de survie au jour le jour qui les fait vivre dans l'instant.Les jeunes doivent se constituer en gangs pour pouvoir survivre et avoir le sentiment d’appartenir à une famille de substitution. Deux caïds du squat de Lobito écoutent et surveillent autour d'eux.Un jeune garçon vivant seul est retrouvé prés des marais. Le trafic de drogue constitue une activité lucrative et les trafiquants n’ont aucune difficulté à recruter des jeunes privés d’éducation.Trois jeunes s'amusent pour être pris en photo... La jalousie amène la violence. Ils vivent en bande, les plus faibles se plaçant sous la protection des plus forts.Jeune garçon dans son squat de Lobito. Le processus qui mène les enfants dans la rue est un phénomène assez complexe et ne s'explique pas que par la seule pauvreté.Une fois à la rue et livrés à eux-mêmes, ces enfants doivent survivre à la misère et à la violence quotidienne. Ils dorment à même le trottoir ou dans des abris en carton.Un jeune caïd portant les marques des différentes bagarres auquel il a assisté. Les gangs d’enfants ont souvent recours à la violence pour faire face à leurs besoins économiques et sociaux.Jeune garçon marqué par une nuit de bagarre pour quelques Kwanzas (monnaies angolaise) Dans certains cas, les jeunes rejoignent des gangs pour être respectés dans leur communauté.

L'école de la seconde chance

Deux fois par semaine, le père Horacio sillonne les rues de Luanda pour offrir un peu de chaleur aux enfants sans abri. « Nous essayons de cerner leurs difficultés de manière à pouvoir les accompagner. Le cas échéant, nous leur proposons d’intégrer le centre », explique cet Argentin, aux faux airs de Che Guevarra. Un travail de patience car, méfiants, sans repères et souvent toxicomanes, les mineurs acceptent rarement de suivre le padre blanc dès les premiers contacts. Créé en 1993, le centre Arnaldo Janssen héberge et scolarise ainsi 180 jeunes qui sont tenus de respecter un règlement intérieur, sous forme de dix « commandements » (classes obligatoires, participation aux tâches, hygiène,…) Des formations professionnelles diplômantes sont aussi dispensées pour les externes. Parallèlement, les démarches sont menées pour retrouver les familles en vue de la réintégration des pensionnaires. « Toutefois, avertit le prêtre, le succès dépend, avant tout, de l’implication de l’enfant. »

Orlando, 12 ans, enfant des rues à Luanda : « Mon grand frère me battait. Alors, j’ai fugué, mais quand je suis revenu, ma famille avait fui la guerre. Je dormais dehors et pour manger, je vendais des détritus que je glanais au Roque Santeiro, le plus grand marché d’Afrique. Un jour, j’ai demandé dix kwanzas (devise locale) au père Horacio qui m’a parlé de son centre d’accueil. Méfiant, j’ai finalement décidé de le suivre. Il vient de retrouver mon oncle qui doit s’occuper de moi. »

Le père Horacio sillonne les rues de Luanda pour offrir un peu de chaleur aux enfants sans abri.Le père Horacio, père blanc Argentin, s'occupe de réinsérer par le travail manuel quelques 180 enfants des rues.Le père Horacio, père blanc Argentin, s'occupe de réinsérer quelques 180 enfants des rues.Le père Horacio s'occupe du centre Arnaldo Janssen qui héberge et scolarise ainsi 180 jeunes des rues de Luanda.Deux fois par semaine, le père Horacio sillonne les rues de Luanda pour offrir un peu de chaleur aux enfants sans abri.Le père Horacio, père blanc Argentin, s'occupe de réinsérer par le travail manuel quelques 180 enfants des rues. Des cours de lecture et d'écriture pour les plus jeunes.L’éducation est indispensable si l’on veut aider ces enfants à sortir du cycle infernal que constituent la pauvreté, la survie dans la rue ou le travail de servitude et l’ignorance.Réinséré les enfants des rues par le travail. Des cours de lecture et d'écriture pour les plus jeunes. Il suffit d' un rien pour qu'une bagarre éclate.Un jeune garçon handicapé garde le sourire malgré les difficultés. Depuis qu'il a été recueilli par le père Horacio, cette enfant reprend gout à la vie.L'hygiène est aussi importante, des latrines et des douches sont mis à la disposition des enfants.

Eugénia et Lucia deux jeunes femmes atteintent du SIDA

Au moins un million d'Angolais sur 12 millions d'habitants sont séropositifs, a indiqué lundi le ministère angolais de la Santé dans un communiqué, un chiffre contesté par l'ONUSIDA.

Eugenia et Lucia atteintent du SIDA, vivants dans un squat de Huambo au centre du pays.

Lucia Isabell Maquedalena 33 ans 4 enfants 2 filles et 2 garçons.
Eugenia Chatouvanqua 41 ans 8 garçons.

Ces deux femmes vivent seules dans une ancienne usine à charbon, leurs maris morts pendant la guerre et leurs enfants décédés de maladies ou de malnutrition.

Eugenia et Lucia atteintent du SIDA, vivants dans un squat de Huambo au centre du pays.Cinquante-neuf pour cent des personnes séropositives en Afrique sont des femmes ; les jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans courent un risque au moins trois fois plus élevé.Une petite fille au milieu d' Eugénia et Lucia atteintent du VIH. Cinquante-neuf pour cent des personnes séropositives en Afrique sont des femmes.Eugenia et Lucia vivent seul dans une ancienne usine de charbon. L'Afrique ne représente qu'un dixième de la population mondiale mais 9 nouveaux cas sur 10 d'infection par VIH y sont concentrés.Lucia Isabell Maquedalena 33 ans malade du SIDA.Plus de 25 millions d’Africains sont atteints du sida sur un total de 36, 1 millions de personnes dans le monde.Lucia Isabell Maquedalena malade du SIDA. En Afrique, 16 pays dans lesquels plus d'un dixième de la population adulte entre 15 et 49 ans est infectée par le VIH,L'Afrique reste la région la plus affectée, abritant à elle seule presque 70% des personnes infectées, près de 23 millions de personnes ...Lucia Isabell Maquedalena 33 ans malade du SIDA.57 % des séropositifs âgés de 15 à 49 ans seraient des femmes selon un rapport de l'ONUSIDA en Afrique et de75% pour les femmes de 15 à 24 ans.

Un programme de Medecins du Monde pour venir en aide aux mères et aux enfants souffrant de malnutrition.

Après trois heures de marche, Luisiano, trois mois, enveloppé dans le pagne de sa mère rougi par la terre battue des pistes arrive enfin au poste de santé de Cambuengo. Le bébé, au regard hagard, souffre de marasme, un cas de malnutrition sévère. Selon Rui, superviseur du centre nutritionnel de Mungo pour Médecins du Monde, « Luisiano doit être référé rapidement au centre nutritionnel thérapeutique de Bailundo qui traite les cas les plus graves.» Le centre géré par l’association à Mungo ne traite que des cas de malnutrition modérée.  Rui doit parlementer longuement en umbundu, la langue locale, pour convaincre Raquel, la maman de Luisiano : elle devra laisser sa maison, ses terres et ses autres petits pendant presque un mois…

Sage femme dans un petite hôpital de brousse écoute les bruits du bébé.Des milliers d'Angolais sont morts et des centaines de milliers d'autres souffrent de malnutrition à cause d'une véritable crise alimentaire déclenchée par la guerre.Une maman prend soin de sa petite fille dans un hôpital au centre du pays. Le nombre de personnes nécessitant de l'aide alimentaire d'urgence est passé de 1,42 million à 1,9 million en Angola.Dans un hôpital de brousse de Mungo, une infirmière présente aux femmes les différents moyens de contraceptions possible.Deux fois par semaine, une distribution de nourriture est  donnée et des soins médicaux sont réalisés dans un hôpital mobile par l'association Médecins du mondes.Dans un hôpital de brousse de Mungo, un médecin fait une injection à un jeune enfant.Angola est un des pays potentiellement les plus riches du continent africain n’empêche pas que 90% de sa population vit dans des conditions d‘extrême pauvreté.Deux fois par semaine, plus de 200 personnes viennent chercher de la nourritures distribuées par une ONG.  Des tickets de rationnements sont donnés afin de récupérer les paquets.Plus de 2 milliards de personnes, essentiellement des femmes et des enfants vivant dans les pays en voie de développement, souffrent de carences alimentaires.Fillette soignée au centre de nutrition thérapeutique de Bailundo. Près de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition.L’espérance de vie est de 41 ans pour les hommes et de 40 ans pour les femmes ; la mortalité infantile est de 145 pour mille. Une famille patiente dans un centre de nutrition.Jeune enfant près de sa maman à l'hôpital de Humbo. Plus d'un quart des plus de 200. 000 enfants subissant une grave malnutrition ont besoin d'un traitement immédiat pour survivre.

Avant de percevoir le premix - une bouillie à base de farines de soja, de blé et de haricots mélangées avec de l’huile et du sucre – ainsi que de la fouba pour l’enfant et un sac de divers aliments pour l’accompagnant, les bénéficiaires doivent assister à une palestra, un cours de sensibilisation sur le paludisme, l’hygiène, l’alimentation… donné par des infirmiers angolais.

Raquel, la maman de Luisiano dans un centre de nutrition à  Mungo. La faim en Angola est la conséquence d'un conflit qui a perduré pendant 27 ans: plus de 4 millions de personnes ont été déplacées.La malnutrition a atteint des proportions alarmantes, en particulier chez les groupes vulnérables. Chaque année, 3 millions 500 milles enfants de moins de cinq ans en meurent dans la région africaine.Une jeune maman tient dans ses bras sa fille manulitrie dans un centre médical. En moyenne, 28% des enfants de moins de 5 ans présentent une insuffisance pondérale contre 5% en Europe Centrale.Deux petites filles dans l' hôpital, se remettent d' une malnutrition sévère. Près de 12 millions d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année; la malnutrition est coupable de 55 % de ces morts.Une distribution de nourriture est distribuée et des soins médicaux sont réalisés dans un hôpital mobile par l'association Médecins du mondes.Une maman, les yeux vides, patientent prés de sa petite fille malade. L'anémie par carence de fer est une des causes contribuant à plus de 20 % des morts maternelles post-natales en Afrique.Enfant enregistré au CNS de Mungo. 45 % des enfants angolais souffrent de malnutrition chronique, 38% n’ont pas accès à l’eau potable.Une maman et sa petite fille attendent la distribution de nourritures. Farine, huile, sucre...Un jeune garçon dans un centre de nutrition de l'association humanitaire Médecins du Monde. Selon des estimations de l’ONU, 1,5 millions de personnes sont exposées à une pénurie alimentaire.Jeune enfant, les yeux vides prêt de sa maman dans un centre de nutrition de Mungo. Les enfants mal nourris sont extrêmement faibles et sensibles aux infections et maladies.Une fillette atteinte de malnutrition sévère dans les bras de sa maman. la malnutrition est l'aboutissement de deux facteurs étroitement liés: une consommation nutritive insuffisante et la maladie.Un médecin pose un périmètre brachial sur le bras de Luciano, jeune enfant malnutrie. Le rouge indique un niveau de malnutrition sévère.


La reconstruction ? On voit bien quelques buildings refleurir sur la Ilha, cette étroite bande côtière de Luanda. Des projets immobiliers qui cachent mal un immobilisme ravageur. Malgré des richesses naturelles considérables (pétrole et diamants au nord) et le retour de la paix, le pays demeure dans l’impasse. Economie dépecée par les apparatchiks de cet Etat socialiste et par les puissances occidentales, corruption, axes routiers laminés, familles éclatées, système de santé à la dérive, paludisme, malnutrition…

La litanie ne serait pas complète si l’on omettait les 12 millions de mines disséminées dans le sol angolais, soit l’équivalent de la population du pays, qui retardent toute velléité de reconstruction. Héritage d’un conflit qui a tué plus d’un demi million d’habitants et qui habite les nuits des survivants.

Sur les plateaux du Planalto, jadis grenier de l’Angola, le réveil est douloureux. Les habitants hésitent encore entre fatalisme et confiance en l’avenir. La petite bourgade de Bailundo tombe en ruine, à l’instar de son hôpital aux carreaux brisés et au toit crevé qui laisse filtrer l’eau de pluie. La faute aux prix exorbitants des matériaux de base, comme le ciment ou la tôle. A Mungo, même tableau de désolation. Certes, l’ancien fief Unita a retrouvé l’électricité et un tracteur sillonne les lavras. Seul bémol : l’engin flambant neuf et les terres cultivées appartiennent au commandant de police…
L’Angola souffre de son immobilisme. La corruption, des voies de communication désastreuses, des transports hors de prix empêchent le redressement de l’économie et des infrastructures de santé. Depuis 2002, Médecins du Monde apporte un soutien médical aux populations les plus fragiles.

Texte: Guillaume Plassais Journaliste

Dans le centre de nutrition de Huambo, plus d' une quarantaine de femmes attend avec leurs enfants dénutries.Raquel et Luisiano au CNT de Bailundo. C'est l'association de la maladie avec un apport alimentaire insuffisant qui fait qu'un enfant devient malnutri.Jeune fille au centre de nutrition de Huambo. Entre 30 et 50% de la population n'ont toujours pas accès aux services de santé dans quelque 35 pays en développement.La malnutrition joue un rôle dans la moitié au moins des décès d'enfants dans le monde, ce qui est plus que n'importe quelle maladie infectieuse.Luisiano et Raquel, sa maman, à l'unité mobile MDM de Cambuengo, près de Mungo.Un moment de réconfort avant la fin.Oscultation sous la tente de Médecins du Monde.Après plus de trois heures de marche, Raquel et Luisiano arrivent à l'hôpital mobile de Médecins du Monde.L'allaitement maternel est la base même d'une bonne nutrition des nourrissons; son absence ou son insuffisance peut mettre en danger la santé et la nutrition d u bébé.Le lait de sa mère est le meilleur aliment pour le bébé, qu'il protège de l'infection. A partir de 6 mois, le nourrisson doit recevoir des aliments complémentaires, car le lait maternel ne suffit plus

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