Reportage photos réalisé en France.
Immersion dans le monde clos des urgences d'un hôpital, jour et nuit.
Aux urgences somatiques et psychiatriques.
Être médecin ... La petite étincelle du désir est né un jour, pour grandir en une volonté acharnée de passer le concours d'entrée en première année. Puis tous les stages s'enchainent, vite, très vite ... et me voilà aux urgences !
Ahhh les urgences... Ce qui me marque dans ce travail d'urgentiste, ce n'est pas tant les urgences au sens médical du terme (qui, avouons le, sont en somme assez rares), mais l'urgence vitale que les gens ressentent de venir consulter un médecin. Si j'osais, j'écrirais médecin avec un grand M au vu de tout ce que les patients attendent de lui. Toutes ces personnes, plus ou moins malades, viennent se jeter dans les bras de leur prétendu sauveur qui doit savoir les soigner, rapidement, gentillement, sans douleur et gratuitement ! Mais plutôt que d'en faire une critique de ce que sont les médecins ou les patients aujourd'hui, je vois là le besoin de tout Homme de trouver quelqu'un qui l'écoute et qui se soucie vraiment de ses problèmes... Le patient que je vois n'a pas un problème de santé urgent ? Qu'importe ! Il vient car il a un autre problème urgent, quelque chose qui l'angoisse, qui l'empêche d'aller se coucher alors qu'il est 23 heures ou qui lui donne la force de rester 6 heures dans une salle d'attente pour voir un médecin.
Je me rappelle ce médecin qui se présente en pleine nuit aux urgences pour une pathologie douloureuse mais qu'il sait bénigne, lorsque son confrère lui répond que cela passera avec un traitement anti douleur, celui ci répond : "Je sais, désolé de vous avoir réveillé pour ça, j'avais juste besoin d'entendre quelqu'un me le dire". Alors cessons de critiquer les patients, les médecins et tous ceux qui veillent sur notre santé et essayons plutôt d'agir ensemble pour améliorer la qualité des soins tout en améliorant la qualité de travail de ceux qui les pratiquent.
Témoignage de Louis Marie LEIBER étudiant en médecine
Ecoute, patience, l'empathie est la qualité primordiale au sein des services.
Service psychiatriques et médecines somatiques.
Les soins quotidiens.
Ici aucune barrière sociale.
Hippocrate
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux...
Reportage photos réalisés en Indonésie.
L’Indonésie aura attendu deux jours pour déclarer l‘état d’urgence après le tremblement de terre qui a frappé l‘île de Java. Selon le dernier bilan, près de 5.000 personnes sont mortes. Devant l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement a demandé l’aide de la communauté internationale.
On estime à quelques 35.000 les maisons et autres bâtiments qui ont été détruits. Au milieu des décombres, les secouristes et les habitants eux-mêmes continuent les fouilles, à la recherche de nourriture et d‘éventuels survivants.
L’Union européenne a d’ores et déjà débloqué trois millions d’euros destinés aux besoins vitaux. Les Etats-Unis ont promis 2, 5 millions de dollars, la Chine a annoncé 2 millions de dollars et une assistance matérielle, l’Arabie saoudite a proposé encore plus : 5 millions de dollars. Parmi les autres pays qui se sont portés au secours de l'Indonésie, en proposant non seulement de l'argent, mais aussi du matériel, des vivres et des médicaments ainsi que des équipes spécialisées dans la recherche des survivants et les soins médicaux, l'Asie figure en bonne place avec le Pakistan, la Malaisie, la Corée du Sud, Singapour, Taiwan et le Japon. De même, le Canada, la Grande-Bretagne, la Norvège et la France ont annoncé l’envoi de plusieurs tonnes de fret humanitaire.
Le séisme d’une magnitude de 6,3 sur l‘échelle de Richter s’est produit au sud de Yogyakarta, une région densément peuplée. C’est la ville de Bantul la plus proche de l’épicentre du tremblement de terre qui a souffert le plus .
Et partout, les mêmes scènes de désolation et de désespoir se répètent. Les sinistrés plongés dans le dénuement le plus total manquent d'eau potable ou de nourriture et de tentes.
Reportage photos réalisés en Afghanistan.
Vingt années d'un conflit brutal, trois années de sécheresse, des violations des droits de l'homme bafoués et des déplacements importants de réfugiés provoqués par la crise géopolitique actuelle et la faim ont gravement compromis la survie de plus de cinq millions de civils. Des centaines de milliers de personnes se déplacent à l'intérieur du pays, notamment par crainte d'une attaque de l' armée américaine. Certains ont réussi à quitter le pays pour se réfugier en Iran (on compte plus 935.512 déplacés)
Les équipes de Médecins du Monde en Afghanistan travaillent auprès des populations vulnérables femmes-mères-enfants, valorisant le travail des équipes médicales afghanes sur 4 centres de PMI à Kabul et 3 centres de PMI à Hérât, assurant sur chacune de ces villes plus de 100.000 consultations/an.
Seule 12% de la population peut avoir accès à des structures de santé. 1 médecin pour 50.000 personnes (en France, 1 pour 300), 6 millions de personnes n'ont accès à aucun soin, seules 15% des femmes enceintes auront accès à des soins pendant leur grossesse, 25‰ vont mourir en accouchant. 70% des enfants sont exclus de tout système de soins. Deux sur cinq vont mourir avant l'âge de 1 an.
Hormis les grandes centres urbains, l'Afghanistan n'est qu'un désert sanitaire.
Reportage photos réalisés au Népal.
Le Népal…ses cimes himalayennes, ses temples hindous et monastères bouddhistes. Ce pays attire un nombre croissant de touristes pour sa culture fascinante et ses paysages à couper le souffle. Mais c’est surtout un pays qui compte 42% de sa population sous le seuil de pauvreté. Et l’instabilité politique n’arrange pas les choses. L’aide internationale, institutions et ONG, tentent tant bien que mal de soutenir cet État proche de la faillite. Médecins du Monde s’est donné comme priorité de concourir à réduire le taux de mortalité infantile, 3e taux le plus élevé au monde.
7h30, au milieu des champs de mais en terrasse, une vingtaine de femmes sont réunies à l’ombre d’un petit temple. C’est la réunion mensuelle du Mother’s Group de Jailbire, un petit village accessible par un sentier qui serpente à flanc de colline. MDM a mis en place plus de 250 Mother’s group dans cette région du Sindupalchowk, au Nord du Népal. Le but ? Sensibiliser les femmes à la santé materno-infantile, et aux bonnes pratiques de soins. « Avant, on coupait le
cordon ombilical avec n’importe quel objet tranchant, et la tradition voulait qu’on donne un bain au nouveau-né immédiatement après l’accouchement, y compris par temps froid. On pensait également que le premier lait maternel n’était pas bon, et on ne mettait pas le bébé au sein tout de suite, autre grave problème, selon la tradition, on donne au nouveau né une cueillière de miel symbolisant la douceur de sa nouvelle vie. Malheureusement le nouveau né ne pouvant déglutir cela provoquer de graves troubles aux nouveaux nés », confie Indira Adhikavi, 28 ans, trois enfants.
Traditionnellement, dans ces villages, les femmes accouchent seules, sans personnel médical, quelquefois avec l’aide de leur belle-mère, dans une pièce sombre, isolée, mal aérée de la maison. Une fois mariées, les femmes passent sous la coupe de leur mari et de leur belle-famille et chaque décision en termes de maternité et de santé infantile dépend de leur belle-mère. C’est pourquoi au-delà des modules d’information, les Mother’s Group proposent également une activité de micro-crédit : donner un peu d’indépendance financière et économique aux femmes, accroitre leurs responsabilités, les aider à s’émanciper un peu… La micro finance, permet de renforcer leur capacité d’action. Pour Ramala Khadka, enceinte de 7 mois, c’est décidé, elle accouchera dans un centre de soin. « Avant, je ne savais même pas que j’en avais la possibilité ». Mais pour l’heure, elle doit retourner dans les champs, le travail l’attend. Peut-être pas de congé maternité, mais au moins la perspective de ne pas accoucher seule…
Texte: Flora Barré Journaliste
Ramala Khadka, 26 ans, Rai
Un grand sourire un peu gêné, pour cacher une grande timidité. Ramala Khadka fait partie de ces familles très pauvres de Jailbire, commune montagneuse et difficile d’accès dans le Nord du Népal. Elle travaille dans les champs, son mari est casseur de pierres dans le domaine de la construction. Sous sa coupe, alors qu’elle confie à mi-voix qu’il est parfois violent, elle témoigne de l’importance d’appartenir à ce Mother’s Group, dont elle fréquente les réunions mensuelles depuis 10 mois. Avoir un peu d’épargne et en être responsable, avoir accès à de l’information directement liée à ses préoccupations, pouvoir échanger librement avec des femmes qui la soutiennent, ce groupe est un support financier et psychologique.
Enceinte de 7 mois, le programme de prévention sur la santé materno-infantile la concerne directement, et elle suit scrupuleusement les conseils donnés. Contrairement à son premier enfant, un fils de 7 ans, pour qui elle n’a eu recours à aucun service de santé, elle est fière de dire qu’elle a effectué ses 3 visites prénatales comme préconisé. Le vaccin anti-tétanos, les compléments en fer, elle se souvient de toutes les recommandations. Et si pour elle, il était normal jusqu’à présent d’accoucher à la maison, elle confie que pour ce deuxième enfant, elle souhaite vraiment qu’il naisse dans un centre de soins. Elle épargne 20 roupies par mois (0,20 centimes d’euros) et prévoit de demander un petit emprunt le mois prochain pour faire face aux dépenses liées à l’accouchement.
Texte: Flora Barré Journaliste